«Paysages à +2°C»
Un outil pédagogique sur l’impact et l’adaptation au changement climatique des paysages du territoire
– 2025-
Projet artistique mené à bien en collaboration avec le Parc Naturel Régional de Chartreuse et le Pays Voironnais en continu depuis 2022

En 2025, nous avons poursuivi notre projet d’outil pédagogique, en l’enrichissant de collaborations avec des classes du territoires.
Nous sommes intervenus dans les classes et les élèves et leurs professeur.e.s ont travaillé à la réalisation d’images sur le thème du changement climatique dans le paysage local et dans leur ancrage territorial.
A partir des travaux réalisés en classes par les élèves et sur la base de nos échanges lors des interventions, j’ai eu pour mission de créer une oeuvre à partir de la création de chaque classe.




Les 4 oeuvres que j’ai créé à partir des créations visuelles réalisées par les élèves : Voiron, Pommier-la-Placette, Saint-Pancrasse, Entremont-le-Vieux.



EXPO PAYSAGES +2° 2025
Parti pris créatifs, quelques précisions.
En 2022, j’ai réalisé pour le Parc Naturel Régional de Chartreuse et le Pays Voironnais, une série de 6 oeuvres réalisées en technique mixte, associant photographie et peinture sur toile, mettant en scène les effets potentiels du changement climatique sur les paysages du territoire. Ce travail de commande était enrichi d’informations précise à faire apparaître, tout en laissant une part d’inconnu.
3 ans plus tard, nous avons poursuivi ce projet en l’adaptant de manière pédagogique pour un groupe de 4 classes du territoire, allant de classe ?? – au lycée. Le projet proposait aux enfants de créer leur propre oeuvre sur les mêmes enjeux, en choisissant leur propre langage créatif, tout en étant accompagné par leur professeur et notre équipe. A l’aboutissement du projet, je devais restituer 4 oeuvres inspirées des créations de ces classes.
Pour cela, je me suis rendue dans les différentes classes participantes au projet, afin d’échanger avec les élèves sur la protection de la nature et du climat, ainsi que pour leur présenter le métier d’artiste, la beauté de l’imaginaire….
Au fil de mes visites, des discussions avec les élèves et leurs professeurs, j’ai pris conscience que je ne pourrai pas travailler mes images de la même manière qu’en 2022, en utilisant les mêmes techniques que sont les miennes, c’est-à-dire associer le digital à la peinture manuelle.
En effet, entre-temps est arrivée la fulgurante « intelligence artificielle ». Dès 2023, celle-ci a bousculé, dans les écoles comme chez les artistes, une manière d’appréhender les projets créatifs de manière (hélas?) sûrement irréversible. La question est posée, désormais : as-tu créé ton projet avec intelligence artificielle ou sans ? Il n’y a presque plus de choix à opposer, à débattre, tant cet outil a submergé le domaine de la création, avec tous les impacts qu’il entraine dans son déploiement : éthique, écologique, créatif, etc…
Pour ma part, pour ne pas perdre ma créativité, l’IA générative est un outil, et devrait rester un outil de création, à n’utiliser qu’en cas de besoin « absolu ». Ayant connaissance de ses nuisances en matière de climat, j’ai déjà clairement raréfié son utilisation.
Dans ce projet, j’ai donc décidé de pas utiliser d’IA, et de travailler comme je l’ai fait jusqu’à présent, en utilisant au préalable de l’oeuvre finale, une suite de logicielle de création.
Mais il m’en fallait plus pour m’affranchir de cette nouvelle manne visuelle : je voulais vraiment m’éloigner des images trop réalistes et photographiques, afin de restituer au mieux la beauté des dessins d’enfants ; retrouver l’imperfection du trait de crayon, la beauté des nuances « coloriées », la richesse des détails donnés par le travail de la main, bien loin de l’image jusqu’ici lisse et « parfaite » offerte par l’IA, afin de retrouver ce qui me touche dans l’art et dans l’humain : l’hésitation, le doute, la recherche, l’expérimentation, le travail assidu, le caractère particulier d’un travail.
Il m’aura fallu être à hauteur d’enfant, pour retrouver le désir d’expérimenter. En conséquence j’ai choisi de finaliser mes oeuvres numériques au crayons de couleur, et non à la peinture comme je le fais habituellement. Ceci avec l’intention d’utiliser le même langage que les enfants, retrouver les mêmes sensations de paix et de calme que nous offre le bruit du crayon qui gratte le papier, et la même joie de voir un résultat hésitant entre réalité et rêve.
Je tiens à les remercier de m’avoir donné, au travers de leur créativité et précieuse imagination, encore plus foi en ce qui est façonné par la main, et permis de retrouver « ma propre âme d’enfant. » Gardez à jamais cette fraicheur de pensée et de création, tout au long de votre vie !


Quelques images du vernissage, le 15 juin 2025 à Saint-Pierre de Chartreuse


















La magnifique œuvre réalisée par les élèves de la classe de Laurette Panseri, Maîtresse à l’Ecole de Saint-Pancrasse, plateau des Petites Roches
Créé avec des encres naturelles et végétales – ©2025